Accueil › Plantes › Multiplier ses plantes

Plantes

Bouturer les arbres du jardin : lesquels valent vraiment le coup ?

Multiplier ses plantes 9 min de lecture
Bouture d'arbre plantée dans un pot avec du terreau

Quelques morceaux de branches, un pot, du terreau, un peu de vermiculite : c'est tout ce qu'il aura fallu pour mes premières boutures d'olivier.

Cette année, j'ai tenté des boutures d'olivier. Quelques morceaux de branches, un pot, un peu de terreau, de la vermiculite (je ne sais pas trop ce que c'est, mais Amazon en vend). J'ai suivi tous les conseils Instagram, YouTube, Google, j'ai mixé le tout, et contre toute attente, quelques semaines plus tard, voilà de nouvelles pousses.

Évidemment, comme ça a marché (pas trop mal), on se demande vite : est-ce qu'on peut faire pareil avec les autres arbres du jardin ? (Ou du voisin, mais chut.) Quand ? Comment ? Petit tour d'horizon de ce que je compte bien essayer.

Tous les arbres ne se bouturent pas avec la même bonne volonté

Premier constat : non, on ne peut pas couper n'importe quelle branche, la planter dans un pot et attendre qu'elle se transforme gentiment en arbre. Ce serait trop simple.

Certains arbres sont franchement coopératifs. Le saule, par exemple, a presque l'air de vouloir faire des racines dès qu'on le regarde d'un peu trop près. La preuve : l'an dernier, j'ai voulu faire de l'eau de saule (pour les boutures, justement, j'en parle plus bas), quelques branches de saule dans l'eau, et pouf, il a fait des feuilles, des racines.

D'autres arbres demandent un peu plus de doigté : il faut choisir la bonne branche, au bon moment, et éviter de la faire cuire sous une mini-serre en plein soleil. Et puis il y a ceux qui préfèrent clairement qu'on les laisse tranquilles et qu'on passe par une greffe. (Ça, ce sera le boss de fin.)

L'olivier : mon cobaye de départ

Puisque c'est par lui que tout a commencé, autant commencer par là. L'olivier se bouture plutôt bien en été, sur des rameaux de l'année qui commencent à durcir sans être encore complètement transformés en bois. C'est ce qu'on appelle une bouture semi-aoûtée.

En clair : on évite la petite pousse toute molle du bout de branche, mais on ne va pas non plus découper une vieille branche bien ligneuse. Outre le fait que mon mari (heureux propriétaire de l'olivier) pourrait mettre un contrat sur ma tête, j'ai vite compris que ça ne servait pas à grand-chose.

On prélève un morceau d'une dizaine de centimètres, on enlève les feuilles du bas, on garde quelques feuilles en haut, puis on plante dans quelque chose de léger et drainant. Chez moi : terreau et vermiculite, donc. Et ensuite, lumière, humidité, patience.

Le plus difficile étant de ne pas déterrer le truc tous les trois jours pour voir s'il s'est enfin décidé à faire des racines. Et si les feuilles fanent, ce n'est pas complètement mort : persévérance, persévérance !

Le figuier : celui qui donne envie de prendre confiance

Le figuier est nettement plus sympa. Lui, on peut le bouturer assez facilement, notamment à partir de bois bien formé. Une branche d'une vingtaine de centimètres, un pot ou directement la terre, et on laisse faire. On peut le tenter à l'automne ou en hiver, avec du bois bien lignifié.

Et comme le figuier fait aussi volontiers des rejets et se marcotte sans trop se faire prier, c'est clairement un arbre qui n'a pas grand-chose contre l'idée de se reproduire. Si mes oliviers continuent à tenir le coup, le figuier sera probablement le prochain sur ma liste. (Au final, oui, j'en ai déjà trois, des figuiers.)

Le saule : là, c'est presque de la triche

Le saule est probablement le champion de la catégorie. Une branche plantée dans une terre humide peut produire des racines avec une facilité assez insolente. On le bouture surtout avec du bois bien formé, pendant la période de repos, donc automne-hiver.

Franchement, si vous voulez vous donner confiance avant d'attaquer quelque chose de plus capricieux, commencez par lui. Rien qu'en le plongeant dans l'eau, complètement immergé, au soleil, j'ai obtenu un bon résultat. Ça évite de conclure au bout de trois essais ratés qu'on est maudit par les boutures.

Le mûrier : très tentant aussi

Le mûrier peut lui aussi se bouturer avec du bois dur. Même principe : on attend que les rameaux soient bien lignifiés, on prélève une branche saine, on la coupe en morceaux, puis on plante. L'idée est d'en enterrer une bonne partie pour favoriser la formation de racines. Ce n'est pas forcément le plus rapide, mais ça se tente très bien.

D'ailleurs, ce n'est rien d'autre qu'une ronce, et l'eau de ronce sert elle aussi à faire des boutures, comme son cousin le saule. J'ai peut-être une piste.

Plusieurs boutures d'arbres alignées dans des pots
Olivier, figuier, saule : chacun avec sa méthode, son rythme, et sa dose de patience.

Le peuplier : pas très glamour, mais efficace

Le peuplier fonctionne lui aussi avec des boutures de bois dur. On prélève des rameaux en automne ou en hiver, on les plante assez profondément, et on attend. C'est typiquement le genre d'arbre qu'on ne pense pas forcément à multiplier chez soi, parce que bon, un petit verger de peupliers, c'est sympa, mais... Quoi qu'il en soit, techniquement, ça marche. Après, encore faut-il avoir envie d'un (ou plusieurs) peuplier(s).

Et les agrumes ?

Là, ça devient intéressant. Citronnier, oranger, mandarinier : eux aussi peuvent être bouturés. Ça m'intéresse beaucoup, j'ai même tenté de faire germer des pépins de citron. Ça marche plutôt bien. Mais j'aurai des citrons quand je serai à l'EHPAD.

On travaille plutôt au printemps ou en été, sur des rameaux encore jeunes mais qui commencent à se raffermir. On enlève les feuilles du bas, on garde quelques feuilles au sommet, on plante dans un substrat léger et on maintient une bonne humidité. Par contre, pas de plein soleil derrière une vitre : sinon on ne fait pas une bouture, on fait une papillote. Pour ne rien vous cacher, c'est exactement ce qui est arrivé à mes belles boutures de saule, mais chut.

Et le pommier, le poirier, le cerisier ?

C'est là que l'enthousiasme retombe un peu. Oui, certaines boutures peuvent parfois prendre. Mais ce n'est généralement pas la meilleure manière de reproduire ces arbres. Pour eux, on passe plutôt par le greffage.

Pourquoi le greffage plutôt que la bouture ?

Parce que le porte-greffe joue un rôle énorme : il influence la vigueur, la taille finale de l'arbre et parfois son adaptation au sol. Donc si vous avez un pommier absolument parfait au fond du jardin et que vous voulez le reproduire fidèlement, mieux vaut apprendre à greffer que passer six mois à regarder une branche faire semblant de réfléchir.

Comment je vais m'y prendre pour les prochaines

Je vais rester sur la méthode la plus simple possible.

1

Une branche saine

Pas de maladie, pas de feuilles douteuses, pas de branche à moitié desséchée qu'on récupère « pour voir ». Autant partir avec un minimum de chances.

2

Une coupe propre

Je coupe juste sous un nœud, c'est-à-dire l'endroit où part une feuille ou un bourgeon. C'est souvent une zone favorable à l'émission de racines.

3

Peu de feuilles

J'enlève celles du bas et je garde seulement quelques feuilles en haut. Si elles sont très grandes, on peut même les réduire un peu pour limiter l'évaporation, parce qu'une bouture sans racines perd de l'eau beaucoup plus vite qu'elle n'en récupère.

4

Un substrat léger

Pas besoin d'un terreau ultra-riche. Ce qu'il faut surtout, c'est quelque chose qui garde un peu d'humidité sans se transformer en marécage : terreau, sable, perlite, vermiculite (maintenant qu'on sait que ça existe). Bref, tous ces trucs qu'on finit par acheter un jour après avoir regardé trois vidéos de bouturage.

5

De l'humidité, mais pas une piscine

Le substrat doit rester humide, pas détrempé. Et si on met une cloche ou un sac transparent au-dessus, on pense à aérer. Sinon, très vite, on cultive plus de moisissures que d'arbres.

Et l'hormone de bouturage ?

J'en ai vu partout dans les tutos. Certains jurent que c'est indispensable, d'autres n'en utilisent jamais. En réalité, ça peut aider sur certaines espèces, surtout celles qui s'enracinent difficilement, mais ce n'est pas une potion magique. Si la branche est mauvaise, la période mauvaise et le substrat noyé, la poudre ne sauvera rien.

Donc oui, pourquoi pas. Mais je ne vais pas non plus transformer ma cuisine en laboratoire.

Comment savoir si ça a marché ?

C'est là que ça devient compliqué, parce qu'au début, on ne voit rien. La branche est là. Elle est verte. Elle ne meurt pas. Mais ça ne veut pas forcément dire qu'elle a fait des racines.

Le meilleur signe, c'est l'apparition de nouvelles pousses. C'est exactement ce qui s'est passé avec mes oliviers, et là, forcément, on commence à se dire que quelque chose doit bien fonctionner sous terre. On peut aussi tirer très légèrement sur la bouture pour voir si elle résiste. Très légèrement. Pas comme si on essayait d'arracher une carotte.

Mon petit programme de bouturage

Pour éviter de tenter n'importe quoi n'importe quand, voilà ce que je retiens :

SaisonArbres
Printemps / début d'étéQuelques essais sur jeunes pousses tendres
ÉtéOlivier, agrumes et autres boutures semi-aoûtées
Automne / hiverFiguier, saule, mûrier, peuplier
Pommier, poirier, cerisierJe garde mon énergie pour apprendre à greffer (mais je le ferai, je serai trop fière !)

« Le meilleur signe, c'est l'apparition de nouvelles pousses. Et là, forcément, on commence à se dire que quelque chose doit bien fonctionner sous terre. »

Et l'eau de saule ? Et l'eau de ronce ?

Puisqu'on parle d'hormones de bouturage, impossible de ne pas tomber un jour sur l'eau de saule. Le principe est simple : on fait tremper de jeunes rameaux de saule coupés en morceaux dans de l'eau, puis on utilise cette eau pour faire tremper ou arroser les boutures.

Pourquoi le saule ? Parce qu'il contient naturellement différents composés liés à la croissance et à la défense de la plante, notamment de l'acide salicylique et des substances de la famille des auxines. Sur le papier, donc, ça se tient. Dans la vraie vie, c'est un peu moins magique que ce qu'on lit parfois sur Internet : certaines expériences donnent de bons résultats, d'autres montrent peu ou pas de différence par rapport à de l'eau toute simple. Mais vu la facilité avec laquelle le saule lui-même fait des racines, j'avoue que ça donne envie d'essayer.

Avec l'eau de saule, j'ai réussi à faire partir de la lavande (ce n'est pas non plus le plus compliqué à bouturer). Le chèvrefeuille, le bougainvillier et le rince-bouteille, en revanche, n'ont pas tenu. Mais pas sûr non plus que ce soit pas moi qui aie raté quelque chose.

On trouve le même genre d'astuce avec les jeunes tiges de ronce. La ronce s'enracine elle aussi avec une facilité remarquable dès qu'une tige touche le sol, ce qui explique probablement pourquoi elle a hérité de cette réputation. Mais là, les preuves sont encore beaucoup plus minces. Alors pour l'instant, je classe ça dans la catégorie : « ça ne coûte rien d'essayer, on va encore sacrifier quelques branches ».

Et comme j'ai du saule (enfin, avais, il faut que j'en retrouve), des ronces et visiblement beaucoup trop envie de faire des boutures, je sens qu'un petit comparatif maison va finir par s'imposer.

Continuer la lecture

Dans la même catégorie

Multiplier des arbres fruitiers
Plantes

Multiplier ses arbres fruitiers gratuitement

Fleur de safran
Plantes

Cultiver du safran à la maison : mon bulbe s'est multiplié

Menthe en pot
Plantes

Pourquoi la menthe mérite son propre pot

Recevoir les nouveaux carnets

Articles, recettes, guides de plantes et méthodes pratiques. Pas de miracles. Juste du contenu utile.

Pas de spam. Désinscription possible à tout moment.

© 2025 Les Carnets de Paule Fait avec soin et les mains dans la terre