À la fin de l'été, certains jardins ont franchement mauvaise mine. Pelouse jaune, feuilles brûlées, massifs fatigués, terre dure comme du béton... après plusieurs semaines de chaleur, on peut vite avoir envie de tout arracher.
Ce n'est pas la meilleure idée. Avant l'automne, le plus utile est plutôt de faire le tri entre ce qui est réellement mort, ce qui peut repartir, et ce qui mérite d'être repensé pour l'année prochaine.
Ne pas arracher trop vite
Une plante qui a le feuillage grillé n'est pas forcément morte. Après un gros stress thermique, certaines plantes perdent une partie de leurs feuilles ou ralentissent fortement leur activité sans être condamnées pour autant.
Avant de sortir la pelle, regardez :
- si les tiges restent souples ;
- si le bois est encore vert sous l'écorce ;
- si des bourgeons restent vivants ;
- si de nouvelles pousses apparaissent à la base.
Le test de l'écorce
Pour les arbustes et les plantes ligneuses, on peut gratter très légèrement l'écorce d'un rameau : si le tissu dessous est encore vert, la plante est toujours vivante. Mieux vaut donc attendre un peu avant de déclarer le décès.
Repérer les zones qui ont le plus souffert
Un été très chaud est aussi un excellent révélateur des défauts du jardin. Certaines zones grillent systématiquement. D'autres restent étonnamment fraîches. Certains massifs réclament de l'eau en permanence tandis que d'autres tiennent presque seuls.
Et la chaleur ne montre pas seulement ce qui va mal. Elle montre aussi ce qui fonctionne. Une plante qui traverse plusieurs semaines de chaleur avec peu d'aide est probablement bien adaptée à son emplacement.
À l'inverse, si une plante demande chaque été des arrosages constants pour simplement survivre, il faut peut-être se demander si elle est vraiment à sa place.
Arroser moins souvent, mais mieux
Après une canicule, le réflexe peut être d'arroser un petit peu tous les jours. Pour les plantes déjà bien installées, mieux vaut apporter l'eau de manière plus généreuse et plus espacée afin qu'elle pénètre réellement dans le sol. Un arrosage superficiel humidifie surtout les premiers centimètres de terre.
Mais cette règle n'est pas universelle. Les plantes en pots, les jeunes plantations et les semis récents ont peu de réserves et demandent une surveillance beaucoup plus régulière. On adapte donc l'arrosage à la plante et au sol, plutôt que de suivre une fréquence fixe.
Donner la priorité aux plantes difficiles à remplacer
Quand tout souffre en même temps, il faut parfois choisir. Un massif annuel ou une pelouse peuvent se refaire assez rapidement. Un arbre installé depuis quinze ans, beaucoup moins.
En période sèche, les arbres, les arbustes et les fruitiers déjà installés méritent donc une attention particulière. Et si l'automne reste sec, ne considérez pas automatiquement que les arrosages sont terminés simplement parce que septembre est arrivé.
Ne pas tailler sévèrement juste après la chaleur
Une plante déjà stressée n'a pas forcément besoin qu'on lui ajoute une taille importante dans la foulée. Retirez ce qui est clairement mort, cassé ou malade, mais évitez les grosses tailles tant que la plante n'a pas montré de véritable reprise.
Même chose pour les engrais. Une plante desséchée n'a pas besoin qu'on lui ordonne immédiatement de produire une nouvelle série de pousses. D'abord, elle récupère. Ensuite, on intervient.
Profiter de l'automne pour améliorer le sol
C'est probablement l'un des chantiers les plus utiles. Un sol très tassé ou pauvre en matière organique absorbe moins bien l'eau et peut sécher rapidement en surface.
À l'automne, on peut donc :
- décompacter les zones très tassées ;
- apporter du compost ou de la matière organique bien décomposée ;
- pailler ;
- conserver davantage de sol couvert ;
- éviter de laisser inutilement de grandes surfaces nues.
L'objectif est simple : faire entrer l'eau dans le sol et l'y garder plus longtemps. Le paillage aide à limiter l'évaporation et les variations de température.
L'automne est aussi le bon moment pour replanter
Pour beaucoup d'arbustes, d'arbres et de vivaces rustiques, l'automne offre des conditions très intéressantes. L'air devient plus frais, l'évaporation diminue et le sol reste encore relativement chaud.
Les racines peuvent ainsi commencer à s'installer avant l'hiver, puis profiter de plusieurs mois supplémentaires avant le retour des fortes chaleurs. Si votre jardin doit évoluer pour mieux supporter les étés futurs, une bonne partie du travail se fera à l'automne.
Remplacer progressivement les plantes les plus gourmandes
Si une plante souffre chaque année malgré des soins réguliers, il faut peut-être accepter qu'elle ne soit simplement pas adaptée à cet emplacement. Plutôt que de refaire tout le jardin, on peut remplacer progressivement les végétaux les plus exigeants par des espèces mieux adaptées au terrain et au climat local.
Selon la situation, des plantes comme les lavandes, thyms, romarins, sauges ou certaines graminées peuvent être intéressantes.
« Choisir une plante parce qu'elle supporte réellement les conditions du jardin, pas uniquement parce qu'elle nous plaît en jardinerie. »
Créer de l'ombre là où elle manque
L'été montre très vite les zones qui cuisent littéralement au soleil. Quelques degrés de moins peuvent pourtant changer beaucoup de choses.
Arbres, arbustes, haies, pergolas végétalisées, plantes grimpantes ou même voiles d'ombrage dans certaines parties du potager peuvent protéger les cultures et ralentir l'assèchement du sol. L'ombre devient presque une ressource du jardin. Et septembre est un excellent moment pour noter les endroits où elle manque.
Penser à récupérer l'eau
L'automne permet aussi de préparer la prochaine saison sèche. Installer ou augmenter une récupération d'eau de pluie est évidemment une piste. Mais il est également utile d'observer comment l'eau circule dans le jardin.
Où ruisselle-t-elle après une grosse pluie ? Où s'accumule-t-elle ? Où disparaît-elle immédiatement ? Parfois, améliorer la gestion de l'eau consiste moins à en apporter davantage qu'à éviter qu'elle quitte trop rapidement le terrain.
Ce que la canicule vous apprend sur votre jardin
- Toujours grillé au même endroit ? L'exposition ou le sol sont probablement à revoir.
- Certaines plantes tiennent presque sans aide ? Elles sont probablement bien adaptées à leur emplacement.
- L'eau ruisselle au lieu de pénétrer ? Regardez du côté du tassement et de la structure du sol.
- Les pots sèchent en quelques heures ? Un contenant plus grand, un regroupement des pots ou davantage d'ombre peuvent aider.
- Un massif réclame constamment de l'eau ? Peut-être faut-il progressivement revoir les espèces qui y sont installées.


