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Aromatiques : prévoir l'hiver

Aromatiques et entretien 8 min de lecture
Pots d'aromatiques prêts à rentrer pour l'hiver

Le basilic est encore beau, la menthe déborde de partout... et pourtant, il est déjà temps de penser à l'hiver.

Le basilic est encore beau, la menthe déborde de partout, la ciboulette tient la forme, le thym et le romarin font leur vie. Et puis on pense à l'hiver. Et non, je n'ai pas envie de tout perdre cet hiver, surtout les jeunes plants que j'ai installés au printemps.

Le but n'est pas de déterrer toutes les herbes du jardin pour les aligner sur le rebord de la fenêtre. Déjà, certaines, comme le romarin qui est là depuis quinze ans, vont très bien survivre à l'hiver. L'idée la plus simple, c'est plutôt de prélever une petite partie de ce qu'on veut continuer à utiliser, de garder quelques pots à l'intérieur, et de laisser les pieds rustiques tranquilles au jardin. En gros : on fait une copie de sauvegarde. Et mieux encore, ce qu'on prélève à l'automne peut ensuite être replanté dehors au printemps.

Donc l'idée, ce n'est pas seulement de survivre à l'hiver. C'est de faire une petite boucle : on prélève à l'automne, on profite des aromatiques en hiver, et on replante au printemps.

Le basilic : lui, mieux vaut anticiper

Le basilic est probablement le premier auquel penser, parce que lui, le froid, il n'aime pas du tout. Plutôt que d'attendre la première nuit froide pour découvrir un bouquet de feuilles noires, je préfère préparer quelques boutures à la fin de l'été.

C'est simple : on coupe une tige saine, on retire les feuilles du bas, on la met dans un verre d'eau, on attend que des racines apparaissent, puis on replante dans un petit pot. Et voilà un basilic prêt à passer l'hiver à l'intérieur. Le gros plant resté dehors, lui, finira sa saison. Ce n'est pas grave.

L'idée n'est pas forcément de sauver la plante d'origine, mais de ne pas devoir en racheter au supermarché dès qu'on se rappellera ce que « mettre un pull » veut dire. Et au printemps, si le plant est encore beau, je pourrai le replanter, encore une fois, sans passer par la case jardinerie.

La menthe

Avec la menthe, surtout, inutile de rentrer la motte entière : elle est vivace et repart généralement très bien au printemps. Je prélève simplement un petit morceau avec des racines ou un bout de rhizome, je le mets en pot, et le reste reste dehors.

Avantage : on continue à couper quelques feuilles en hiver. Et au printemps, la petite portion gardée en pot peut retourner dehors (si la menthe restée dehors n'a pas déjà tout colonisé).

La ciboulette

Même principe. La ciboulette forme une touffe : on peut donc en prélever une petite partie, avec ses racines, et la replanter dans un pot. Le gros pied reste dehors, il peut disparaître en partie pendant l'hiver, puis repartir au printemps. Le petit pot, lui, reste disponible près de la cuisine.

Le persil

Le persil peut tenir dehors assez longtemps, surtout s'il est bien installé. Mais si j'ai envie d'en avoir à portée de main pendant l'hiver, je peux prélever un jeune pied et le mettre en pot. Attention simplement : le persil aime avoir un peu de profondeur, donc pas de mini pot. On garde une bonne motte, on replante délicatement et on évite de casser la racine principale.

Au printemps, le pied gardé en pot peut retourner au jardin, même s'il faut garder en tête que le persil est bisannuel et qu'il peut monter en graines lors de sa deuxième année.

Boutures d'aromatiques dans des petits pots sur un rebord de fenêtre
Une petite copie de sauvegarde de chaque aromatique, prête pour l'hiver.

Le romarin

Le gros romarin bien installé au jardin, je le laisse où il est. Je ne vais pas le déraciner pour le rentrer au chaud. En revanche, si j'ai envie d'une petite sauvegarde, ou qu'il est peut-être encore trop fragile pour que je sois sûre qu'il passe l'hiver dehors, je peux faire quelques boutures et en garder une à l'intérieur.

Pour ça : couper quelques tiges, enlever les feuilles sur les cinq premiers centimètres, et planter dans un substrat léger et drainant. La terre doit rester humide, sans lumière directe. Au printemps, la bouture peut être replantée dehors.

Le thym

Le thym est du même genre. Une fois bien installé, il peut rester au jardin. Si je veux en avoir un peu à l'intérieur, je prélève une petite portion, je fais une division ou une bouture, et je mets ça en pot : pas besoin de déplacer la plante entière.

Et à l'intérieur, surtout : peu d'eau. Le thym préfère presque qu'on l'oublie un peu. Au printemps, direction le jardin.

La sauge

La sauge peut elle aussi rester dehors dans de nombreuses régions. Je garde donc le pied principal au jardin. Si je veux assurer mes arrières, je prélève une petite bouture : comme ça, si l'hiver est vraiment mauvais ou si le pied extérieur souffre, j'ai une sauvegarde. Et si tout se passe bien dehors, j'ai simplement une deuxième sauge à replanter au printemps.

L'origan

L'origan est lui aussi une vivace. On peut prélever une petite portion de la touffe et la mettre en pot. Le reste reste dehors et repartira au printemps.

Donc, qu'est-ce qu'on rentre vraiment ?

PrioritéAromatiques concernées
À vraiment prévoir avant le froidBasilic, jeunes plants fragiles, aromatiques en pot très exposées
À prélever en petite quantité pour continuer à récolterMenthe, ciboulette, persil, origan
À laisser dehors en priorité, avec bouture de secours si besoinThym, romarin, sauge

Et les pots, je les mets où ?

Une fois à l'intérieur, le vrai problème n'est plus le froid, c'est la lumière. En hiver, les journées raccourcissent et beaucoup d'aromatiques commencent à tirer la tête si elles sont installées dans un coin sombre. Je choisis donc l'endroit le plus lumineux possible, une fenêtre bien exposée si possible. Et je surveille : si les tiges deviennent longues, pâles et molles, c'est souvent qu'elles manquent de lumière.

Attention à l'arrosage

Autre piège classique : vouloir trop bien faire. À l'intérieur, les plantes consomment généralement moins d'eau qu'en plein été au jardin. Donc je n'arrose pas « parce que c'est dimanche ». Je touche la terre, si elle est encore humide, je laisse tranquille.

Pour le basilic, la menthe, le persil ou la ciboulette, je garde le substrat légèrement frais. Pour le thym, le romarin, la sauge et l'origan, je laisse sécher davantage entre deux arrosages. Et surtout : pas d'eau stagnante au fond des soucoupes.

Avant de rentrer quoi que ce soit : inspection générale

Parce qu'on ne rentre pas uniquement des aromatiques : on peut aussi rentrer tout un tas de bestioles, ainsi que leurs œufs. Bref, tout un petit monde qui n'avait rien demandé mais qui profitera volontiers du chauffage. Avant de rentrer un pot ou une bouture, je regarde donc sous les feuilles, autour des jeunes pousses, le long des tiges, et à la surface de la terre. Si je peux, je laisse aussi les nouveaux pots quelques jours dans un endroit intermédiaire (véranda, serre, garage lumineux), histoire de voir si quelqu'un sort de sa cachette.

« L'idée, ce n'est pas seulement de survivre à l'hiver. C'est de faire une petite boucle : on prélève à l'automne, on profite des aromatiques en hiver, et on replante au printemps. »

Et au printemps : retour dehors

C'est là que la méthode devient vraiment intéressante. Les petits plants qu'on a gardés tout l'hiver ne sont pas condamnés à passer leur vie sur le rebord de la fenêtre : on peut les replanter dehors au printemps, mais pas directement.

Une plante qui a passé plusieurs mois à l'intérieur s'est habituée à une lumière plus faible, à peu de vent et à des températures assez stables. Si je la pose directement en plein soleil pendant huit heures, elle risque de prendre un sérieux coup de chaud. Je la réhabitue donc progressivement pendant une semaine environ :

1

Quelques heures dehors, à l'ombre

2

Puis davantage de temps

3

Ensuite un peu de soleil doux

4

Et enfin son emplacement définitif

Pour les plantes sensibles au froid, comme le basilic, j'attends évidemment que le risque de gel soit passé. Pour la menthe, la ciboulette, le thym, le romarin, la sauge ou l'origan, le retour dehors est généralement très simple.

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