Le compost est parfois entouré d'une sorte de mystère. On entend parler de ratios carbone-azote, de températures idéales ou de recettes compliquées. En réalité, les jardiniers produisent du compost depuis des siècles avec beaucoup moins de théorie et beaucoup plus de bon sens. Si le vôtre semble faire la grève, il y a généralement une explication simple.
Quand le compost sent mauvais
Un compost en bonne santé ne devrait pas sentir la poubelle. Lorsqu'une odeur désagréable apparaît, c'est souvent parce que le tas contient trop de matières fraîches : tontes de gazon, épluchures, fruits abîmés ou restes de récolte. Ces matières sont utiles, mais en trop grande quantité elles se tassent et empêchent l'air de circuler.
La solution est souvent très simple : ajouter des feuilles mortes, de la paille, du carton brun déchiré ou quelques petites branches. Le compost retrouve alors progressivement son équilibre.
À retenir
Un bon compost se compose grossièrement de moitié matières fraîches (vertes et humides) et de moitié matières sèches (brunes). Si l'odeur est là, c'est presque toujours qu'il manque des matières sèches.
Quand rien ne semble se passer
À l'inverse, certains composts paraissent figés pendant des mois. On a beau attendre, les feuilles restent entières et le tas ne diminue presque pas. Dans ce cas, le compost est souvent trop sec ou composé principalement de matières brunes. Un léger arrosage et quelques apports de déchets frais peuvent suffire à réveiller toute la petite vie qui travaille à l'intérieur.
L'humidité : ni marécage, ni désert
Un bon compost ressemble à une éponge essorée : humide au toucher, sans dégouliner d'eau. Trop sec, les micro-organismes ralentissent leur activité. Trop mouillé, l'air disparaît et les mauvaises odeurs apparaissent. C'est probablement le paramètre le plus important à surveiller, et aussi le plus facile à corriger.
Que peut-on mettre dans le compost ?
Bonne nouvelle : la plupart des déchets du jardin et de la cuisine peuvent y finir leur vie. Les épluchures, les fruits trop mûrs, le marc de café, les coquilles d'œufs écrasées, les fleurs fanées ou les feuilles mortes y trouvent naturellement leur place.
Prudence
Les plantes malades et les adventices déjà couvertes de graines méritent plus de prudence. En cas de doute, mieux vaut les écarter que de transformer le compost en distributeur officiel de mauvaises herbes.
Comment savoir qu'il est prêt ?
Le compost mûr ne ressemble plus vraiment à ce qu'on y a mis. Les épluchures ont disparu, les feuilles sont devenues méconnaissables et l'ensemble prend une couleur sombre. Surtout, il dégage cette odeur agréable de sous-bois que connaissent tous les jardiniers. À ce stade, il est prêt à retourner nourrir le potager.
Le secret n'est pas un ingrédient miracle
On cherche souvent l'activateur magique ou la recette parfaite. Pourtant, un bon compost repose surtout sur un mélange équilibré entre matières fraîches et matières sèches. Les anciens ne parlaient ni de carbone ni d'azote. Ils mélangeaient simplement les déchets du jardin, les feuilles mortes, un peu de paille et les restes de cuisine. Et cela fonctionnait très bien. Parfois, les méthodes les plus simples sont aussi les plus efficaces.
